Goodbye Goni - Stonebreaker


03 février 2020

C'est à Paris que vous aurez le plus de chances de croiser le groupe Goodbye Goni.

Composé d'Enzo, Marc, et Félix, le groupe doit son nom à Goni, un collègue de travail de Marc, dont le prénom signifie "Génèse". Les compères ont alors créé un personnage mystique de toute pièce autour de Goni, "comme si Goni était un Dieu et que lui-même l'ignorait" nous raconte Enzo. Puis Goni est retourné au pays et l'idée de "Goodbye Goni" est d'abord née sur la base d'une chanson, et le groupe s'est rapidement approprié le nom pour en faire son nouveau blason.

Ce titre, "Stonebreaker", a été écrit par Marc, le chanteur du groupe, dans un village de la côte sud-ouest de l'Irlande, Courtmacsherry. Une région où les mythes sont légions. Pour avoir parcouru cette côté légendaire il y a quelques années, de Cork à Tralee en passant par la péninsule de Dingle où l'on aperçoit les dauphins jouer avec les bateaux, on peut vous confirmer que la région est une excellente source d'inspiration sur le plan artistique. De falaises rocailleuses en vertes prairies peuplées de moutons peinturlurés, d'une mer bleu azur aux villages aux façades qui mélangent toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, la région vaut le détour visuellement et spirituellement.

Enregistré entre Saint-Jean-de-Luz et Paris, le morceau a donc beaucoup voyagé avant d'aterrir dans nos oreilles. Et à la première écoute, il nous était évident qu'il allait devoir aterrir dans les vôtres! Avec une simple guitare en guise d'intro, la magie du côté mystique du morceau opère déjà. Et lorsque Marc se met à chanter, c'est la claque.

Le frisson musical que nous recherchons tant se produit instantanément. Une vraie voix. Puissante et très bien maîtrisée.

Un peu erraillée, comme usée par le temps, les voyages, et les galères. Mais on a envie de l'écouter raconter son histoire. Et avec une telle voix, on peut dire que le groupe a un énorme avantage: une forte identité vocale, reconnaissable entre tous. En toute honnêteté, une telle voix pourrait nous chanter n'importe quoi, dans n'importe quelle langue, elle nous collerait des frissons quand même. La basse et les percus viennent compléter un ensemble qui sonne plus que professionnel. C'est travaillé en amont. Et ça s'entend.

Avec un côté très sixties-seventies, mais qui n'est pas déplaisant (loin de là!), Goodbye Goni nous livre une performance propre, impeccable, sans aucun défaut.

Les fans des Doors sauront apprécier. Et comme c'est un groupe généreux, ils nous gratifient d'un magnifique clip vidéo, réalisé à la perfection, et qui colle à 200% à l'univers de la chanson.

Le groupe a su s'entourer pour se créer son univers. Aidés de Cyril Dosnon, graphiste spécialisé en lettering, et d'AM Art Films, le groupe s'offre un clip professionnel tourné à la Maison Rouge (une gallerie d'art désertée que le groupe a su occuper avec brio, le tout à Bastille. Du body painting, de la calligraphie, de la danse contemporaine, Goodbye Goni ne s'exprime pas qu'en musique. C'est aussi de la musique qui se regarde. Cyril, le réalisateur, a su jouer avec les ombres et la lumière avec une finesse rare.

Un album baptisé "Cosmogony" est prévu pour début 2020 et on a hâte d'entendre la suite!